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  • : Carton à desseins
  • : Petites notes sur des albums de l'édition jeunesse - de l'espèce qui clignotent par tous les temps et illuminent l'écume des jours. Ici : pour vous. A bord du Batalbum ensuite, pour les enfants.
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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 18:53

 

Depuis que le Batalbum vogue sur le web, son équipage a embarqué plus d’une centaine d’albums. Ceux qui ont trait à des « problèmes sociaux » ou aux « grandes questions de société » ont été rares :

Les yeux de Léna, doux portrait d’une enfant atteinte de maladie génétique ;

Les couleurs retrouvées,  Noir/Voir et Le livre noir des couleurs à propos de la cécité.

Je suis là, Maman ! évoque  avec tact une mère alcoolique.  

 Le parapluie vert illustre la générosité discrète d’une petite fille envers un clochard.  

 Le mineur et le boulanger réconcilie le blanc et le noir (de la peau).

Un seul album raconte l’une des tragiques histoires de notre temps, et encore le fait-il à travers la mémoire d’un marronnier : Les arbres pleurent aussi, inspiré de l’histoire d’Anne Frank.

 

Rares parce que je n’aime pas l’acharnement avec lequel certains se croient tenus de tout dire, tout aborder, ne rien cacher, comme si les enfants ne méritaient pas d’être mieux traités que nous autres, adultes, saturés à longueur de journée par le torrent boueux que déversent les médias. Nos problèmes ne sont pas leurs problèmes. Pensez-vous qu’ils seront plus justes que nous, moins criminels que nous, parce que nous aurons martelé tôt dans leurs cervelles nos discours vertueux ? Je crois bien davantage à l’exemple, dont se dispensent tant de nos bruyants démagogues. Je crois aussi que l’enfance a besoin d’un tact infini. C’est ce qui m’a touchée dans les albums évoqués.

 

Alors, pensez, la FAIM, la faim dans le monde – et nous savons tout de suite de quoi il est question, ce n'est pas un problème abstrait, une affaire d'opinion. La faim est un besoin si élémentaire, si vital que le nouveau-né, comme l’oisillon, met d’instinct toute son énergie à réclamer ce qui lui semble dû. Et pourtant…


 

Toutes les six secondes dans le monde

Un enfant meurt de faim


 

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François David et Olivier Thiébaut ont travaillé trois ans sur l’album que Møtus vient de publier :

Un rêve sans faim. Trois ans pour trouver l’image

et le mot justes, pour traduire avec la poésie de la pudeur une réalité insupportable et tragique, mais aussi l’espérance que suggère le titre. Tantôt les mots semblent couler de l’image, tantôt l’image leur fait écho. Page après page, comme dans la toile tissée sous les poèmes, nous entrons dans cette réalité si lointaine, si inconnue de nos pays nantis.

Et tandis que la faim devient plus proche et vraie, nous nous prenons à espérer, à rêver, à vouloir agir.

 

Seuls deux visages d’enfants réels ont été glissés dans les compositions de l’illustrateur, avec toute la délicatesse possible – délicatesse envers ces enfants d’abord, envers leurs parents qui les ont vu souffrir et mourir peut-être. Je ne les montre pas ici, exprès, pour vous inciter à trouver ce beau livre, à l’offrir à des enfants et à des grandes personnes qui ont faim de justice car…

 

Aussi vrai que la terre est ronde

elle est généreuse et féconde

Elle a bien assez pour nourrir

tous les enfants du monde

 

 

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Un rêve sans faim

Texte : François David

Images : Olivier Thiébaut

© 2012, éditions møtus

 

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Sur chaque exemplaire vendu, 1 euro est reversé à l’ONG Sharana, ONG indienne. Dans la région de Pondichéry, elle mène des projets liés à l’éducation des enfants. Elle se consacre aussi au développement de la culture de la spiruline, cette algue, dotée de pouvoirs nutritifs, évoquée dans un des poèmes du recueil. 

 

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