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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 16:35

Merci à l'ancienne équipe d'OVERBLOG pour les années passées ici.

 

J'emporte mon carton à desseins sur EKLABLOG à cause des publicités que vous imposez maintenant...

Quel dommage !

 

Rendez-vous maintenant sur :


http://carton-a-desseins.eklablog.com

 

Par Sophie
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Vendredi 7 novembre 2014 5 07 /11 /Nov /2014 08:03

Anne Brouillard, artiste aussi discrète et souriante que rare, a composé là un livre-accordéon long comme un voyage dans un train roulant à l'allure du RER A en fin de journée, quand il est bien bondé de gens bien fatigués. Mais là, pas d'énervement, pas de fatigue, pas de soupirs sauf d'émerveillement tandis que le paysage défile, doucement.

 

Anne Brouillard, qui fait de grands voyages, en fait de plus lointains encore avec ses livres. Au fil des titres reviennent les thèmes de son inspiration : le voyage, le rêve, les oiseaux, le temps (qu'il fait et qui passe), et l'eau omniprésente, où se reflète un monde lui-même comme un reflet, l'écho d'un rêve.

 

J'avais découvert le livre en septembre de l'an dernier dans la belle Librairie des Éditeurs Associés (10 rue Tournefort, Paris 5ème). Anne Brouillard le dédicaçait, en présence de son éditrice. Il est petit (11,5 x 16,5), épais comme un guide de voyage déniché dans un grenier, que l'on tient serré dans la poche de son manteau (c'est l'hiver et le train est chauffé mais pas trop). On regarde par la fenêtre. On a quitté la gare en longeant le canal, aperçu le moulin à eau, tout rose dans le matin blême, juste avant le tunnel. Tiens, quelle est cette haute bâtisse blanche, seule au milieu des bois interminables, de tout ce paysage en demi-teinte qui se reflète dans l'eau pâle ? Vite, regardons le guide. On tourne les pages. Mystère. Le guide la reproduit mais n'en dit rien. Place à l'imaginaire. D'ailleurs – car on a relevé les yeux depuis – d'autres maisons s'accrochent aux berges, là-bas. Soudain, le train passe tellement près de trois maisons qu'on a l'impression de traverser leurs jardins. Et ainsi de suite, sur des kilomètres de pure poésie, jusqu'à l'arrivée en gare, à l'autre bout du voyage. Une dernière courbe et le train paraît. Quatre oiseaux traversent le ciel pour l'accueillir. Entendez-vous leurs cris portés par l'air froid, auquel répond le chant profond des wagons cahotant sans hâte sur les rails luisants.

 

 

Prochain train JEUDI 20 NOVEMBRE à 19h à la bibliothèque Faidherbe !


 

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Anne Brouillard

Voyage d'hiver

&esperluète éditions

Par Sophie - Publié dans : Dédicaces
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Mercredi 5 novembre 2014 3 05 /11 /Nov /2014 15:41

Il a été décerné à MOULINS (Allier) le 10 octobre à

 

Delphine Jacquot

pour

 

Les aventures improbables de Peter et Herman

ou le tour du monde en 25 escales

 

jacquot1a.jpg

 

édité par LES FOURMIS ROUGES.

 

Comme à moi, qui découvre l'ouvrage grâce au MIJ, cette jolie animation (la bande-annonce de l'éditeur) vous donnera sûrement une furieuse envie de courir sans escale à la librairie la plus proche : http://vimeo.com/78723877

 

Les albums de Delphine Jacquot entrevus au fil des années m'ont laissé le souvenir d'un trait précis au service d'ambiances chargées de mystère, oniriques, étranges et délicates. Les personnages sont de profil, oeil égyptien. Hiératiques et pourtant fragiles, ils semblent arriver d'un ailleurs indéfini, avec des souvenirs et des secrets.

 

Ces "aventures improbables" me font découvrir toute une fantaisie, tout un humour auxquels je ne m'attendais pas, qui certainement se donnaient déjà libre court dans bien des albums (32, nous disent Les Fourmis Rouges !)

 

Je guettais ce prix parce que le MIJ crée à chaque fois une vraie surprise : le 1er Grand Prix de l'Illustration avait été décerné en 2008 à une presque enfant –

 

Juliette Binet pour EDMOND,

son premier album (Autrement), un album d'une incroyable maturité, avec là aussi une mise à distance, un mystère posé d'emblée :

 

binet_edmond1.jpg

 

 

Anne Herbauts a reçu le prix en l'année suivante pour

Les moindres petites CHOSES  (Casterman) :

 

herbauts_mij1.jpg

 

 

Vinrent ensuite :

 

Régis Lejonc en 2010 pour

Quelles couleurs (éditions Thierry Magnier)

 

lejonc_mij1-copie-1.jpg

 

 

Zaü en 2011 pour

MANDELA l'Africain multicolore (éditions Rue du monde)

 

zau_mij.jpg

 

 

Jean-François Martin en 2012 pour

Fables d'Ésope (éditions Milan)

 

martin_mij1-copie-1.jpg

 

 

May Angeli enfin, l'an dernier, pour

DES OISEAUX  (éditions Thierry Magnier)

 

angeli oiseaux1

 

 

C'est bien le rôle du MIJ de mettre en valeur, par ce prix, un talent affirmé ou naissant, un talent s'exprimant dans un livre peu commun. L'éventail des couvertures dit la qualité des choix et leur diversité : chaque prix est vraiment une surprise réjouissante. Merci !

 

Au fait (si vous avez oublié) :

 

La belle ville de MOULINS abrite non seulement le MIJ mais aussi les MALCOIFFÉS, qui préparent le 3ème Festival des illustrateurs pour fin septembre 2015.

 

Quant à Juliette Binet, si vous habitez ou passez à Paris ces jours-ci, ne manquez pas une visite à la Galerie L'ART À LA PAGE : elle y est exposée jusqu'au 8 novembre !

 

L'exposition présente, en dialogue, des dessins  de Juliette Binet ( ci-dessus, extrait de L’Horizon facétieux, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées) et des gravures de Franziska Neubert (ci-dessous, Maisons de nuit ) autour du thème : « Partager l’espace » – espaces géographiques, espaces urbains, espaces paysages.

 

 

 

 

 

 

Encore une de ces associations dont Marie-Thérèse Devèze a le secret...

Par Sophie - Publié dans : Bravo !
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Dimanche 23 février 2014 7 23 /02 /Fév /2014 14:12

Hâtez-vous ! L'exposition "des trésors d'atelier aux livres d'images" se termine le 1er mars à l'Art à la page.

 

Frédéric Clément y expose les illustrations originales de ses trois derniers albums :

 

 

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Monsieur RAVEL

rêve sur l’île d’Insomnie

Didier Jeunesse

 

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LUBIE

Le peintre des fleurs et son grain de folie

Photographies de Vincent Tessier

Albin Michel

 

 

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BOTANIQUE CIRCUS

Albin Michel

 

 Monsieur Ravel et Lubie occupent largement l'espace, nous plongeant successivement dans une féerie de vert puis de rouge, assortis au mobilier de la magicienne des lieux (Marie-Thérèse Devèze, dont chaque exposition dévoile quelque travail secret de ces ilustrateurs qui oeuvrent pour l'enfance... mais pas seulement).

 

galerie1a-copie-1

 

galerie2a

 

 

Symphonie en vert et rouge d'une pièce à l'autre (Philippe Davaine a mis son grain de sel dans l'accrochage, semant sur les murs de menus objets, en prolongement de ceux qui vivent leur vie mystérieuse dans les pages des albums de Frédéric Clément).

 

Vert de la mer que le musicien contemple en attendant la vague qui l'emportera loin de son "île d'Insomnie" (et ce sera la rencontre finale d'une belle vague espagnole avec sa robe à dentelle d'écume et juste une pivoine à la tempe - sur l'air du Boléro naturellement, car il s'agit d'un conte musical, un CD est glissé dans l'album).

 

Si le vert domine dans cette rêverie tout en finesse, inspirée et orchestrée par le merveilleux Ravel, le merveilleux Clément réchauffe le rêveur avec des touches de rouge flamboyant (en plus de la pivoine évoquée, un théâtre flottant où jouent la Belle et la Bête), de rose tendre (une délicieuse théière britannique) ou encore de rouge et orangé pour Gibraltar, petit singe-tambour automate, compagnon d'insomnie inattendu et messager final.


 

ravel1a

 

vague crabes1a

 

gibraltar1a.jpg

 

 

Rouge de Lubie la diablesse qui s'est réfugiée dans le tympan de Breughel de Velours, l'incitant à oser du rouge plus rouge. Ici dans sa robe de papillon de nuit, là tout de noir vêtue avec deux ailes cramoisies dans le dos, "pas plus grosse qu'une miette", elle se réveille chaque année "aux premiers coquelicots", talonnant alors Jan le doux de sa parole insolente, le poussant à plus d'exigence. Lubie vous enchantera, et c'est le miracle de cet album : par elle, par la fantaisie de l'auteur au sommet de sa forme graphique et narrative, semant dans ses pages flamandes de réels pétales, fruits, pinceaux, poudres colorées, nous entrons dans l'univers du peintre, son atelier comme son art nous deviennent familiers. Le ton est vivant, le rythme enlevé, les mots virevoltent, éclaboussant les toiles. Sacrée Lubie !


 

peintre1a-copie-1.jpg

 

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Sont exposées aussi quelques-unes des fééries de Frédéric Clément : écrins d'entomologistes, curieux cabinets de curiosités, greniers miniatures où se cotoient ailes d'insecte et plumes d'oiseau, tétards et pétales, épines de rose et coquilles d'oeuf, serpents minuscules et délicats squelettes. Talismans glanés au hasard de promenades où déjà se tramaient des histoires, où des images se tissaient en secret, attendant leur heure pour éclore. Le plus beau à mes yeux : un coléoptère à la carapace brun doré, sculpté par quelque mystérieux orfèvre.


 

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Frédéric Clément dédicacera ses ouvrages à la galerie, le samedi 1er mars, de 14h30 à 19h.

 

Ne manquez pas ce rendez-vous pour bien commencer le mois du printemps !

 

L'ART À LA PAGE

12 rue Servandoni ( sur cour )

75006 Paris

Tél: 01 43 57 84 95
mercredi, jeudi, samedi de 14h30 à 19h

vendredi de 11h à 19h

Par Sophie - Publié dans : Expos et Salons
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Mardi 12 novembre 2013 2 12 /11 /Nov /2013 08:31

 

(suite)

 

Pour Joëlle Jolivet, c'était écrit d'avance aux Imprimeries Réunies, mais il fallait encore inventer des histoires entre les gravures, les outils, les casiers...

 

  expo_jolivet1a-copie-1.jpg

 

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André François, qui m'est cher, était de la fête, sous le chapiteau dressé dans l'Hôtel du Département. Venant de Margny-lès-Compiègne (où elle est conseillère artistique du Centre André-François), Janine Kotwica nous en avait parlé à sa façon savoureuse et jubilatoire. Il se tenait à l'entrée du labyrinthe, escortant les fantaisies pleines de vivacité de Lionel Koechlin, les somptueux paysages de Lorenzo Mattoti, les oeuvres si fortes de François Roca.

 

 

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 Emmanuelle Houdart au CNCS, Christian Lacroix à la Librairie Jean-Luc Devaux complétaient le tableau avec leurs étranges créatures porteuses de secrets.

 

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Emmanuelle Houdart

 

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Christian Lacroix

 

De cette fête chaleureuse de l'illustration, je crois que nous garderons tous un souvenir particulièrement touchant : lorsque Květa Pacovská, avec laquelle s'entretenait Lucie Cauwe, a, dans un brusque élan, entrepris de déplier sur la scène Un livre pour toi. Nous étions subjugués par la grande silhouette, penchée avec souplesse pour déployer tout son leporello. Arrivé au bout, elle nous expliqua que l'envers aussi était plein d'images et tout aussitôt, avec la même énergie passionnée, elle fit le chemin inverse et déploya l'autre face, au milieu des rires et des applaudissements émerveillés !

 

 

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Jean-Paul Gourevitch avait présenté en conclusion son alléchant Abcdaire illustré de la littérature jeunesse, fruit de tant d'années de travail passionné, édité par L'atelier du poisson soluble.

 

 

 

Vite, vite, ensuite, comme le chat de l'image, marcher lentement d'une expo à l'autre, s'emplir les poumons d'images, goûter, admirer, se laisser enchanter et mener par le bout-du-nez à travers les champs et les jardins de l'enfance : toute une ville ramassée, l'espace de quelques jours, comme un oiseau magique pour que l'enfant soit content. L'enfant ? Tous les enfants, les vraiment petits, les déjà très grands, et tous les autres, indécis parfois, ne sachant pas s'il faut ou non garder en soi ce jardin ou ce champ, intact, et même l'entretenir, discrètement, parce que cela fait un petit jardin ou un petit champ de plus sur une terre qui a l'air de bien aimer cela.

 

Merci, Nicole Maymat, merci Dominique Beaufils, merci Brigitte Morel et Marie-Thérèse Devèze, Michel Boucher et Philippe Davaine, merci à tous vos amis, tous vos complices, tous ceux qui ont permis cette 2ème biennale et nous ont accueillis si généreusement, et bien sûr merci aux artistes !

Par Sophie - Publié dans : Expos et Salons
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