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Mardi 1 janvier 2013 2 01 /01 /Jan /2013 07:00

Vous l'aviez deviné ? C'est mon "troisième" et bien davantage qu'un troisième pour Gaëlle Duhazé. Ses images joyeusement colorées fourmillent de détails qui enchanteront les enfants.

 

L'histoire joue sur tous les niveaux de l'espace et du temps, du rêve et du réel, du proche et du lointain : au fil des saisons, une petite-fille retrouve son grand-père et renoue avec leur jeu rituel d'après déjeuner.

 

"Quand j'étais petit", commence Jun-soo.

"Quand je serai grande", enchaîne Eun-sil.

 

Sous l'arbre qui change de mois en mois, au fil de leurs rêves d'enfants qu'ils se racontent, hier et demain se croisent et se font écho. Un demi-siècle au moins sépare Eun-sil de Jun-soo, elle sait déjà qu'il ne sera pas toujours là, d'ailleurs il parle d'après, mais les années fondent et se conjuguent au présent dans la tendresse et la complicité.

 

 

 

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Avec ces images "de saison", je vous souhaite une


Belle et heureuse année 2013


une année conjuguant tous les temps, de vos lointains rêves d'enfants à la réalité présente, secrètement prête à les ranimer, à les transformer.


 

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Texte : Sophie Guiberteau

Images : Gaëlle Duhazé

Editeur : Flammarion, collection Chan-ok

Par Sophie - Publié dans : Albums croqués à la volée
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Dimanche 23 décembre 2012 7 23 /12 /Déc /2012 18:50

Il ne passait pas inaperçu au Salon de Montreuil !

 

Du premier étage :

 

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Au rez-de-chaussée :

 

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Et pourtant... Je devais être branchée sur une fréquence extraterrestre : il a fallu me le montrer du doigt pour que je le voie ! Non pas le petit bateau à roues à aubes du Batalbum, mais un autre bateau - encore un, merci Gaëlle, je les aime tant.

A bord : un grand-père, sa petite-fille, un chat.

 

Au fil des saisons, ils se racontent à tour de rôle leurs rêves d'enfants :

"Quand j'étais petit", dit Jun-soo...

"Quand je serai grande", enchaîne Eun-sil...

 

Si vous êtes passés par là à Montreuil, vous avez dû sentir cette chaude lumière jaune d'or qui coulait sur le stand Flammarion. J'espère que les enfants n'ont pas résisté et qu'ils ont caressé en passant les trésors roulant avec les vagues.

 

Autre indice : cette image-là ornait le catalogue et les sacs !

 

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Pour Noël, je vous invite aussi dans la maison d'Eun-sil :


 

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JOYEUX NOËL !

à bientôt

Par Sophie - Publié dans : Albums croqués à la volée
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Dimanche 16 décembre 2012 7 16 /12 /Déc /2012 18:53

 

Depuis que le Batalbum vogue sur le web, son équipage a embarqué plus d’une centaine d’albums. Ceux qui ont trait à des « problèmes sociaux » ou aux « grandes questions de société » ont été rares :

Les yeux de Léna, doux portrait d’une enfant atteinte de maladie génétique ;

Les couleurs retrouvées,  Noir/Voir et Le livre noir des couleurs à propos de la cécité.

Je suis là, Maman ! évoque  avec tact une mère alcoolique.  

 Le parapluie vert illustre la générosité discrète d’une petite fille envers un clochard.  

 Le mineur et le boulanger réconcilie le blanc et le noir (de la peau).

Un seul album raconte l’une des tragiques histoires de notre temps, et encore le fait-il à travers la mémoire d’un marronnier : Les arbres pleurent aussi, inspiré de l’histoire d’Anne Frank.

 

Rares parce que je n’aime pas l’acharnement avec lequel certains se croient tenus de tout dire, tout aborder, ne rien cacher, comme si les enfants ne méritaient pas d’être mieux traités que nous autres, adultes, saturés à longueur de journée par le torrent boueux que déversent les médias. Nos problèmes ne sont pas leurs problèmes. Pensez-vous qu’ils seront plus justes que nous, moins criminels que nous, parce que nous aurons martelé tôt dans leurs cervelles nos discours vertueux ? Je crois bien davantage à l’exemple, dont se dispensent tant de nos bruyants démagogues. Je crois aussi que l’enfance a besoin d’un tact infini. C’est ce qui m’a touchée dans les albums évoqués.

 

Alors, pensez, la FAIM, la faim dans le monde – et nous savons tout de suite de quoi il est question, ce n'est pas un problème abstrait, une affaire d'opinion. La faim est un besoin si élémentaire, si vital que le nouveau-né, comme l’oisillon, met d’instinct toute son énergie à réclamer ce qui lui semble dû. Et pourtant…


 

Toutes les six secondes dans le monde

Un enfant meurt de faim


 

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François David et Olivier Thiébaut ont travaillé trois ans sur l’album que Møtus vient de publier :

Un rêve sans faim. Trois ans pour trouver l’image

et le mot justes, pour traduire avec la poésie de la pudeur une réalité insupportable et tragique, mais aussi l’espérance que suggère le titre. Tantôt les mots semblent couler de l’image, tantôt l’image leur fait écho. Page après page, comme dans la toile tissée sous les poèmes, nous entrons dans cette réalité si lointaine, si inconnue de nos pays nantis.

Et tandis que la faim devient plus proche et vraie, nous nous prenons à espérer, à rêver, à vouloir agir.

 

Seuls deux visages d’enfants réels ont été glissés dans les compositions de l’illustrateur, avec toute la délicatesse possible – délicatesse envers ces enfants d’abord, envers leurs parents qui les ont vu souffrir et mourir peut-être. Je ne les montre pas ici, exprès, pour vous inciter à trouver ce beau livre, à l’offrir à des enfants et à des grandes personnes qui ont faim de justice car…

 

Aussi vrai que la terre est ronde

elle est généreuse et féconde

Elle a bien assez pour nourrir

tous les enfants du monde

 

 

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Un rêve sans faim

Texte : François David

Images : Olivier Thiébaut

© 2012, éditions møtus

 

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Sur chaque exemplaire vendu, 1 euro est reversé à l’ONG Sharana, ONG indienne. Dans la région de Pondichéry, elle mène des projets liés à l’éducation des enfants. Elle se consacre aussi au développement de la culture de la spiruline, cette algue, dotée de pouvoirs nutritifs, évoquée dans un des poèmes du recueil. 

 

Par Sophie - Publié dans : Albums en partance pour le Batalbum
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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 12:37

 

 LA JOIE DE LIRE de Francine Bouchet fait partie de mes éditeurs fétiches. Si vous habitez Genève, il est encore temps d'aller jubiler à la Bibliothèque de la Cité (jusqu'au 13 octobre). La Joie de lire, née en 1987, fête ses 25 ans (dossier de presse ici).

 

 

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A Montreuil (2011), le coup de foudre a été instantané pour les deux albums de l'écrivain hongroise Éva Janikovszky illustrés par son compatriote Lászlo Réber, que La Joie de lire venait de rééditer.

 

MOI, SI J'ÉTAIS GRAND (initialement publié à Budapest en 1965 et chez Flammarion l'année suivante) annonce d'entrée de jeu la couleur :

 

Tous les enfants savent,

même les plus petits,

qu'être un garnement

est bien plus marrant

qu'être obéissant.


 

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INCROYABLE MAIS VRAI (à Budapest en 1966, chez Flammarion en 1977) commence ainsi :

 

Quand j'étais petit, j'avais du mal à croire

que l'une de mes mamies était la maman de papa

et que mon autre mamie était celle de maman.

Quand j'étais petit, j'avais du mal à croire

qu'un de mes papis était le papa de papa

et que mon autre papi était celui de maman.

 

Là-dessus, le narrateur, qui a un peu grandi et y voit plus clair, entreprend d'expliquer la généalogie familiale à sa petite soeur Mimi...


 

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Les textes ont toute la drôlerie et la vivacité du regard enfantin sur l'univers adulte dont leur propre monde a si franchement tendance à déborder. Les images, qui empruntent à l'enfant ses crayons de couleur et son trait épuré au graphiste qu'était László Réber, sont une merveille de fraîcheur et d'humour. "Politiquement incorrects et légèrement subversifs", nous avertit l'éditrice. Quand deux grands artistes jouent en parfait accord, avec impertinence et gaieté...

 

Les deux albums avaient donc été réédités par La Joie de lire en septembre dernier. Jolie surprise, un an plus tard : RÉPONDS CORRECTEMENT ! et LA CHANCE QUE J'AI ! le sont à leur tour.


 

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Dès Montreuil, je m'étais promis de les embarquer sur le Batalbum. J'ai tardé, vous l'avez compris, et quatre saisons ont passé, mais j'aurais d'autant plus de joie à convier (très bientôt) les quatre à bord ! Et vous à les découvrir, je l'espère, en vous promenant sur le pont...

 

16 février 2013 : les 2 premiers sont à bord, dans l'à-coeur-blogue, les 2 derniers ne vont pas tarder !

 

P.-S. : Pour prolonger la danse hongroise - au rayon de la littérature adulte cette fois -, je citerai deux livres (deux pépites d'or pur) et trois noms qui me sont particulièrement chers : Niki, l'histoire d'un chien de Tibor Déry, tout Sándor Márai mais avant tout Les braises, et (presque) tout Magda Szabó.


Par Sophie - Publié dans : Albums en partance pour le Batalbum
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Samedi 15 septembre 2012 6 15 /09 /Sep /2012 12:00

"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau."

 

Le souriant Rondeau de printemps de Charles d'Orléans m'a toujours enchantée, comme Le Vent de Emile Verhaeren, sombre et terrible, appris dans le primaire (nous ne comprenions sans doute pas grand chose mais sa musique devait nous empoigner l'âme) :

 

"Sur la bruyère longue infiniment,

Voici le vent cornant Novembre"...

 

L'automne est venu, l'hiver a laissé place au printemps, et ce sont ainsi quatre pleines saisons, toute une année qui a passé sans un signe de ma part. Une année dense et manquant d'interstices, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Les événements dont j'aurais aimé vous parler n'ont pas manqué pourtant : première Biennale des malcoiffés, Salon de Montreuil, expositions, livres attendus, coups de coeur inattendus... Je serai (assez) brève sur chacun pour que tous aient du moins leur place dans cet article de rentrée (en deux ou trois volets).


 

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A tout seigneur tout honneur, commençons par les MALCOIFFÉS (nom emprunté à une tour de fière allure appartenant à l'ancien palais ducal de Moulins). J'avais déjà pris le chemin de Moulins au printemps 2010, pour aller voir L'art russe de l'image pour enfants (1900-1945)1 au Centre de l'illustration qui s'appelle désormais le MIJ (Musée de l'Illustration Jeunesse)2.

 

En plus d'être une ville magnifique, Moulins abrite deux complices : l'écrivain-éditeur Nicole Maymat et l'imprimeur-éditeur Dominique Beaufils. On leur doit le superbe catalogue des éditions ipomée (créées en 1977), repris en 1991 par Albin Michel. Ils ont initié et participé à la création du Centre de l'illustration qui a ouvert ses portes en 2005. Infatigables et passionnés, ils ont réalisé un autre rêve : voici un an bientôt, le 29 septembre 2011, l'association des malcoiffés (née en 2010) lançait l'événement autour duquel elle gravite, son Festival des illustrateurs. Trois jours de fête pour l'image, ses artistes, les professionnels et le grand public. Le beau temps était au diapason de cette première biennale sous le signe de la bonne humeur et du talent, dans une ambiance chaleureuse largement due à Nicole, Dominique et Cie.

 

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Huit illustrateurs étaient invités : Loren Capelli, Frédéric Clément, Kitty Crowther, Natali Fortier, Henri Galeron, Benoît Jacques, Georges Lemoine et Les chats pelés. On appréciera le formidable éventail, la diversité des styles et des personnalités. Un parcours illustratif au Musée Anne de Beaujeu donnait à voir d'autres illustrateurs et complétait les divers lieux de la ville investis par les oeuvres des invités (leur accrochage avait "subi" tout l'art d'une autre fée discrète et généreuse : Marie-Thérèse Devèze de L'Art à la Page). Déambuler au hasard d'un lieu à l'autre, chacun avec son caractère propre, a fait partie des grands plaisirs et des belles réussites du festival.


Faute d'avoir trouvé le temps de vous raconter en direct ces journées inoubliables, je vous invite à lire l'excellent compte-rendu de Dominique Laganne sur Cher media. Et à suivre de près les faits et gestes des malcoiffés, en attendant la deuxième édition du Festival, en 2013.

 

_________________

 

1 Cette exposition (voir le dossier de presse) réunissait entre autres les oeuvres de Lebedev, Samuel Marchak, Bilibine, Alexandre Benois, Nathan Altman, Rojan (Fédor Rojankovsky), Chem (Alexandre Chemetoff), Hélène Guertik, Alexandra Exter, Nathalie Parain et... Elisabeth Ivanovsky qui aura fait un séjour longue durée dans la Galerie du Batalbum (les habitués me pardonneront, les visiteurs occasionnels auront été d'autant plus nombreux je l'espère à découvrir cette merveilleuse artiste - attention, elle s'effacera bientôt devant ALICE, la prochaine "grande expo" de Lou).

 

2 Le Grand Prix de l'illustration y a été remis cet après-midi à Jean-François Martin pour les Fables d'Esope (éditions Milan). Cela me fait d'autant plus plaisir que "ses" Poèmes de Maurice Carême (Bayard jeunesse) étaient dans le numéro de lancement du Batalbum !


 

* 

 

J'ai entendu à Moulins un homme de talent que j'admirais depuis longtemps mais sans savoir qu'il était en plus un homme de qualité : Henri Galeron, qui ne parle pas beaucoup, qui ne parle pas fort, mais dont la présence ressemble à ses images - même charme un peu mystérieux, même humour sous-jacent.

 

Alors, toutes affaires cessantes, dès qu'il y a eu un peu d'interstice, je l'ai fait inviter par Nicéphore dans le Moulin à paroles du Batalbum, avec son ami et complice, le poète-éditeur de Møtus, François David. Ils y sont encore, ne les manquez pas ! Trois livres de poésie et de folie douce, signés par Paul Vincensini, Michel Besnier et François David.


 

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A ne pas manquer non plus, en "bonus" sur le Batalbum, ces deux albums hors normes illustrés par Henri Galeron : Monsieur tout en hauteur, Le Chacheur tout en largeur, chez (Les Grandes Personnes) de Brigitte Morel (hmm, sévit chez les malcoiffés).


 

*

 

Je terminerai pour aujourd'hui sur le cher André Hellé aux yeux d'enfant rêveur. Un peu "brûlées" par la réédition de L'Arche de Noé un an avant chez Circonflexe, les éditions MeMo ont publié en 2011 la magnifique version du maître-imprimeur Tolmer : les Drôles de bêtes de 1911. L'album, sorti à l’identique, dans son format géant, a été réalisé en collaboration avec l’Association des Amis d’André Hellé.


 

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Je l'avais annoncé ici (en jouant au jeu des comparaisons entre les deux versions), en même temps qu'une exposition attendue, retardée, enfin proche :

 

Drôles de jouets ! 
André Hellé ou l'art de l'enfance

au Musée du Jouet à Poissy

du 18 octobre 2012 au 9 juin 2013

 

Pour vous allécher, rien de tel qu'un tour dans le copieux dossier de presse de l'expo, ou chez MeMo (voir les pages du Tigre et de la Girafe), et chez les Amis d'André Hellé bien sûr.

 

Ainsi, la (première) boucle est bouclée, d'un automne à l'autre... mais elle reste ouverte, d'autant que s'annonce la publication par MeMo d'un deuxième album du grand artiste et créateur de jouets : L’Histoire d’une boîte à joujoux, inspirée du ballet pour enfants La boîte à joujoux, mis en musique par Debussy en 1913 sur un livret illustré d’André Hellé.

 

 

Bonne rentrée à tous !

 

 


Par Sophie
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